F. Denis – IV Correspondances lacunaires


Les trois cent soixante-cinq lettres, ici répertoriées, ne forment qu’une partie de la correspondance de Ferdinand Denis, la plus réduite. Elles couvrent de 1816 à 1888 soixante-douze années de la vie aventureuse puis laborieuse de notre auteur ; à s’en tenir à celles que nous connaissons, Denis n’aurait guère écrit qu’environ deux lettres par an, ce qui n’est pas imaginable. Ensemble le plus cohérent, à la fois dans le temps et l’espace, les courriers du séjour au Brésil forment un bloc de quarante-huit lettres, toutes écrites par Ferdinand ; s’il se plaint de la lenteur, de la rareté ou de la perte des réponses, nous pouvons nous en désoler bien davantage qui ne connaissons que deux lettres adressées aux tropiques.
Revenu en France, Denis semble n’avoir plus qu’une seule activité : il écrit. De 1820 à 1838, traductions, romans, monographies, résumés – un genre à la mode – articles de revues se succèdent, quelques fois avec succès. Mais, de toute cette période, seulement quarante-huit lettres échangées dont 10 de la plume de Denis ; or, dès cette époque, il correspond avec Sainte-Beuve, avec Senancour, avec Paul Lacroix, bien d’autres : il est des clubs et des salons, présente Mélanie à Alexandre Dumas, se lie d’amitié avec Liszt, révère Ballanche et s’empresse d’annoncer à Nodier son élection à l’Académie. Voici que commence sa carrière à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, que grandit sa réputation d’érudit, que se nouent les grandes amitiés avec Humboldt, avec Angrand, avec Raczynski, avec les Brésiliens de passage et les Portugais entre deux exils : le nombre de ses correspondants s’accroît ; le nombre de lettres disparues, aussi. Un exemple : la correspondance entre Ramiz Galvão, directeur de la bibliothèque nationale du Brésil et Denis : une de leurs lettres nous apprend qu’ils s’échangent une caisse par mois, contenant les nouveautés ou les trouvailles intéressant chacune des institutions qu’ils dirigent ; or, nous n’avons que six lettres, trois reçues, trois expédiées.
Nous pourrions multiplier les exemples, le constat serait le même : ce qui manque à cette correspondance dépasse et de beaucoup ce que nous en connaissons.


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