F. Denis – VI Petite anthologie personnelle


Ferdinand Denis qui n’a jamais manqué de projets eut celui de réunir en volume quelques-uns de ses articles publiés par des revues parisiennes dans les années 1830. Projet inabouti dont nous restait, manuscrit, le sommaire et, épars, les textes choisis que nous avons transcrits ci-après.
Le recueil se serait ouvert sur Voyages, thème récurrent chez Denis qui en fait, ici, l’histoire et l’apologie. Il se serait poursuivi par les portraits de deux vieux voyageurs français, Yves d’Évreux et le père Paul Le Jeune aux expériences si contrastées.
A
vec De la femme à l’origine des sociétés, Denis qui s’écrie « Hélas ! je l’ai vue, moi, la femme qui habite le désert », décrit une vérité dérangeante, bien éloignée des poncifs de l’époque où survivent, dans les déserts de glace ou de sable, les Nations hyperboréennes et les Arabes pasteurs et guerriers, rapprochés par le même désir et plaisir de vivre là « où personne n’ose aller. »
Denis nous donne son texte le plus bref et le plus « dérangeant » avec la Jeune Brahmine, qui au moment d’être conduite au bûcher enseigne à sa fille que « la plus sainte vertu de la femme, c’est de toujours pardonner. »
Isabelle est un type bien différent de femme que Denis nous peint en 1492, moment où sa volonté triomphe : au milieu d’hommes de fer, elle est « alliance de la grâce et de la puissance […] réunion de la fermeté qui conduit et de la douceur qui domine »
Romance âpre, bien digne de temps troubles, les Sept infants de Lara seront vengés par leur demi-frère posthume et ce sera justice.
Viennent ensuite les Noëls, pierre qu’apporte Denis à la redécouverte du folklore national, part vivante de la foi populaire : « C’est l’hymne de l’alouette, si joyeuse quand l’aube va blanchir, si babillarde quand le soleil a lui, si folle à midi dans ses accents entrecoupés… Et puis, comme une tristesse mystérieuse se mêle à toutes les joies de la terre, quand bien même elles viendraient du ciel, c’est encore le chant doux et triste du rossignol mêlant ses capricieuses harmonies aux vagues harmonies du soir. » Également collectionneur de Proverbes. Denis nous offre des exemples de l’expression variée d’une sagesse universelle. Quant à Maître Adam, surnommé le menuisier de Nevers, poète populaire dont Paris s’enticha, c’est toujours le peuple qui chante.
Avec l’Art oriental, manuscrits à miniatures, Denis nous ouvre un domaine méconnu : « les grandes épopées de l’Inde et de la Perse : les poésies tour à tour terribles et gracieuses des Arabes ; les comédies, les romans si ingénieux des Chinois ; il ne sera pas plus permis alors d’ignorer les scènes imposantes du Râmâyana et du Mahbarata ; les peintures énergiques des Moallacat et du Hamasa, qu’il n’est permis d’ignorer Homère ou Hésiode, Virgile ou le Dante. »
Le recueil se serait conclu par Des sciences occultes, de leur marche et de leur influence où Denis remarque que « dans l’antiquité et dans les temps modernes, chez les sauvages et au milieu des empires civilisés, on trouve des devins et des gens s’occupant de magie » et conclut à la nécessité d’étudier la marche de ces sciences dont les apports positifs ne peuvent être ignorés.


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