O Progresso, une revue sociétaire au Brésil


Le 19 juillet 1846, Louis-Léger Vauthier, ingénieur-en-chef de la direction des Travaux publics du Pernambouc, note dans son Journal l’envoi, par le Zelia, voilier de ligne, du premier numéro d’O Progresso à Cantagrel et à son père ; quatre mois avant son départ du Brésil, il a sans doute la satisfaction d’avoir, sur ce plan aussi, bien rempli son rôle “d’agent technique”, comme aime à le qualifier son “découvreur”, Gilberto Freyre, sans qui, probablement, l’action multiforme de l’ingénieur serait aujourd’hui oubliée sur chacun des deux bords de l’océan.

Encore a-t-il fallu que, jeune président du Pernambouc, Francisco do Rego Barros ait ramené, de son séjour d’étudiant parisien, un modèle de ville moderne, de ville ordonnée, de rues pavées et de théâtres empierrés et que, bravant les opinions renfrognées, il ait préféré, pour mettre en œuvre ses projets, au vieil ingénieur national ancré dans ses habitudes, un jeune étranger, polytechnicien impatient de changer, par ses techniques comme par ses idées sociétaires, le monde.


Télécharger le PDF